Conseils d'entretien

Une ceinture LASTRAN est faite de deux matières vivantes, qui demandent des gestes différents. Le laiton se ravive, le cuir se nourrit. L'un et l'autre se bonifient. Le laiton reviendra à lui-même pour l'éternité, le cuir vous offrira sa patine en cadeau.

Le laiton brut par LASTRAN

La Chaumard est usinée dans du laiton massif issu d'un procédé de fonte, sans placage ni vernis. La matière que vous voyez est celle que vous tenez, sur toute son épaisseur. Elle ne peut donc pas s'écailler : elle vieillit.

Ce vieillissement porte un nom, l'oxydation. Au contact de l'air, de la peau, de l'humidité, le laiton se ternit lentement et prend une teinte plus sourde, presque miel. Certains y voient une usure, d'autres la marque du temps. Il n'y a pas de bonne réponse : c'est une affaire de goût, et la seule différence entre les deux est un geste de quelques secondes. Le laiton brut a cette qualité rare de pouvoir revenir à son éclat d'origine autant de fois qu'on le souhaite, sans jamais rien perdre de sa matière.

Nos choix de cuirs d'exception

Nos cuirs sont des cuirs de sellerie, tannés en Aveyron par une maison fondée au XIXe siècle, à partir de peaux de jeunes bovins issues des meilleurs élevages de France et du Danemark.

Ils reçoivent une finition semi-aniline. Ce terme mérite une explication. Un cuir aniline est teint dans la masse par des colorants transparents qui pénètrent la fibre sans la recouvrir : rien ne masque le grain, on maintient la vue de la peau telle qu'elle est. À l'opposé, les cuirs dits pigmentés reçoivent une couche opaque, parfois une pellicule plastique, qui uniformise la surface et dissimule les irrégularités. Ils ne marquent pas, mais ils ne vivent pas non plus de la même manière. Le semi-aniline se tient entre les deux : la teinture transparente d'abord, puis une protection si légère qu'elle laisse le cuir respirer et conserver sa profondeur.

Ce choix a une conséquence directe. Un cuir aussi peu couvert est sensible. Il retient la lumière, il prend l'empreinte de ce qu'il traverse, il fonce aux endroits de contact. C'est précisément ce qui fait sa beauté et ce qui exige votre attention. Nourri, il gagne en souplesse, en profondeur, en caractère. Négligé, il se dessèche et perd ce qui le distinguait d'un cuir ordinaire. La patine n'est donc pas un accident : c'est ce que le cuir vous donne en retour du soin que vous lui accordez.

Les produits d'entretien sélectionnés par LASTRAN

Nous avons retenu deux produits, un par matériau. Ce sont ceux que nous utilisons nous-mêmes, et ils répondent aux besoins de nos créations. Un moment privilégié avec votre LASTRAN.

La crème délicate

Cette crème pour le cuir nourrit la fibre en profondeur et lui rend la souplesse que l'usage lui prend. Elle est livrée avec sa lingette d'application.

Commencez par séparer la lanière de sa boucle, puis retirez la poussière avec un chiffon sec. Déposez une noisette de crème sur la lingette fournie et appliquez-la sur toute la surface du cuir, des deux côtés, par petits mouvements circulaires. Ne chargez pas : une quantité modeste, étalée régulièrement, vaut mieux qu'une couche épaisse. Laissez pénétrer quelques minutes, puis lustrez avec la partie sèche de la lingette jusqu'à ce que la surface ne colle plus.

Deux à trois applications par an suffisent pour un port occasionnel, davantage si la ceinture vous accompagne tous les jours.

Trois choses à éviter. La crème n'est pas destinée au laiton, tenez-la à l'écart de la boucle. Le cuir n'aime ni la chaleur directe ni les solvants : si votre ceinture prend l'eau, laissez-la sécher à plat, loin d'un radiateur, avant de la nourrir. Enfin, gardez-la à l'abri du soleil prolongé, qui décolore, et rangez-la dans votre étui LASTRAN à l'abri de l'humidité si vous ne l'utilisez pas pendant un certain temps.

La chamoisine imprégnée

Cette chamoisine pour le laiton est un chiffon doux imprégné d'un produit de polissage. Elle rend au métal l'éclat que l'oxydation lui a pris. Cette oxydation naturelle peut tout autant être conservée si l'aspect général de la boucle satisfait celle ou celui qui la porte.

Détachez la boucle de sa lanière avant toute chose. Frottez ensuite le laiton sur l'ensemble de sa surface, par petits mouvements circulaires, en insistant là où le métal s'est terni. Le produit agit au contact, il est inutile d'appuyer : c'est la régularité du geste qui fait le travail, pas la force. Terminez par un chiffon sec et propre pour retirer les résidus, puis refermez le sachet hermétiquement, l'imprégnation s'évaporant à l'air libre.

La fréquence vous appartient. Un passage tous les deux mois maintient un éclat franc ; un passage annuel laisse la patine s'installer entre deux. Sachez simplement qu'un polissage ramène le laiton à son état d'origine et efface donc la patine accumulée. Ce n'est ni un bien ni un mal : c'est l'endroit de la ceinture où vous décidez, à chaque fois, de ce que le temps aura le droit de laisser. Une ceinture qui ne cessera de s'embellir à votre contact.